|
La mécanique d'un piano
doit être parfaitement réglée pour
permettre au pianiste la possibilité d'exercer
toute la finesse de son doigté.
Elle lui offre d'exprimer toute
sa sensibilité, d'affiner
la finesse de son jeu en lui assurant une parfaite répétition. |

|
Le réglage consiste à régler
au millimètre près toutes les pièces
du mécanisme, au niveau de l'échappement
du marteau, du rattrapage du marteau, du soulèvement
de l'étouffoir, de la répétition,
de l'enfoncement de la touche et surtout du poids du
clavier.
Une fois le réglage complet effectué,
l'égalisation de la frappe (le frappé)
est contrôlée pour que le point de frappe
marteau bien les 3 cordes de la note en même temps. |

|
L'harmonisation est la dernière opération
du réglage puisqu'elle harmonise le timbre afin
d'obtenir un équilibre sonore de l'ensemble du
registre du clavier.
Une mécanique bien réglée
donne au pianiste la possibilité d'exercer toute
la finesse de son doigté et d'exprimer toute
sa sensibilité. |

|
Le réglage de la mécanique
du piano requiert de la patience, de l'expérience,
du temps et le respect de l'instrument.
Chaque réglage des pièces
étant lié les uns aux autres, tous devront
être effectués au 10ème de millimètre
près pour assurer un parfait fonctionnement.
Un réglage bâclé
amoindrira vraiment les capacités musicales du
piano et dérangera le pianiste dans son doigté
car la répétition sera difficile et le
toucher inégal. |

|
L'utilisation d'une mécanique
déréglée entraîne une usure
plus rapide de l'ensemble de ses pièces.
C'est pourquoi
un réglage doit être effectué régulièrement
en fonction de l'utilisation du piano par un technicien confirmé. |
DETAIL
DU RÉGLAGE DE LA MÉCANIQUE DU PIANO
(Remerciements
aux cahiers techniques de Schimmel) |
Equerrage, fauchage et chauffage des marteaux
:
Les marteaux
doivent être parfaitement alignés sur les
trois cordes de la note. Ils doivent
être équerrés afin que leur alignement
visuel soit net. Leur mouvement
jusqu'à la percussion de la corde doit être
parfaitement droit.
Les marteaux
étant montés sur un manche en bois, le
gauchissement naturel doit être rectifié.
Pour cela on chauffe le manche à la
flamme douce pour le couder à la bonne place
(chauffage). |

|
Des cales en
papier très fin collées sous l'olive permettent
de compenser le chauffage du bois et de rectifier le
mouvement du manche (fauchage).
Cette opération
est délicate car il ne faut pas donner de jeu
aux axes en tordant le manche lors de la chauffe du
manche.
Les bois des
manches ne doivent pas être noirçis par
la flamme. |

|
Equerrage et fauchage des étouffoirs
:
Les têtes
d'étouffoirs doivent être alignés
afin que leur feutre porte bien sur les 3 cordes.
Les lames doivent
être alignées pour assurer un mouvement
parfaitement droit et les ressorts doivent exercer une
pression correcte sur les cordes. |

|
Les tiges seront
coudées pour l'équerrage sur les cordes.
Ce réglage
est important pour obtenir une montée de l'etouffoir
parfaitement droite, ce qui donnera un aspect de départ
général aux etouffoirs comme une seule
pièce.
Des cales en
papier sous les fourches permettent leur bon mouvement
avant et arrière. |

|
Equerrage des attrapes (droit):
Les attrapes
doivent être alignées par rapport aux têtes
des marteaux (queue) ou aux contre attrapes (droit).
Leur tiges
permettent l'équerrage.
Une ligne parfaite
d'attrape démontre un réglage minutieux. |

|
Equerrage des chevalets :
Les chevalets
doivent être eux-aussi parfaitement alignés
sous les marteaux.
Il en va du
bon fonctionnement de l'échappement et de la
répétition.
On utilise
aussi le système des cales sous les fourches
pour les aligner.
Sur les chevalets
de piano à queue, on effectue l'équerrage
du baton d'échappement au milieu de son bras. |
Equerrage du clavier :
Les touches
doivent être parfaitement alignées les
unes par rapport aux autres.
Elles doivent
être parfaitement droite et plane sans quoi le
niveau du clavier ne serait jamais parfait.
Les pointes
d'enfoncement et de balancier du chassis du clavier
permettent d'équilibrer leur espacement. |

|
Contrôle du jeu des touches :
Les touches
doivent avoir un mouvement lâche et équilibré.
Les feutres
situés dans les mortaises d'enfoncement et de
balancier ne doivent pas brider la touche dans son mouvement.
Une pince spéciale
permet de régler ce jeu par écrasement
du feutre. |

|
Dressage du niveau de balancier du clavier :
Les touches
doivent être à une hauteur bien précise
et parfaitement alignées.
Pour cela on
utilise des cales en papier rondes appelées "mouches"
de toutes les épaisseurs que l'on place sous
les mouches en feutres sous les touches. |
|
Dressage du niveau d'enfoncement du
clavier :
Les touches
noires et blanches doivent s'enfoncer à une profondeur
égale.
Des dièses
complètement noyées entre les blanches
donnent une désagréable sensation au toucher.
Les mouches
en papier sont utilisées pour la régler
au millimètre près. |

|
Réglage de la portance des touches : (droit)
Les touches
doivent soulever le chevalet sans aucun temps mort.
Le réglage
de ce jeu, "la mise sous le nez" est effectué
grâce au pilote de la touche.
Le jeu doit
être réglé de manière à
ce que la touche soit en contact direct avec le marteau. |

|
Réglage de l'échappement :
Le marteau
doit échapper à 2 millimètres en
dessous des cordes de manière à se remettre
en position de jeu indéfiniment.
Le bouton d'échappement
permet de régler la hauteur de l'échappement
du marteau sous la corde.
Un échappement
égal est le gage d'un bon toucher, quelque soit
la mécanique, car il empêche le marteau
de coller sur la note. |

|
Sur le piano
à queue ce bouton est accessible par le devant.
Dans la mécanique
du piano droit, le bouton d'échappement est coincé
entre l'attrape et le baton. Son accès est assez
difficile à l'outil de réglage.
Il est facile
dans ce cas de casser la vis de réglage et de
rendre ainsi le bouton inréglable. |

|
Réglage de l'attrapage (queue):
Les attrapes
doivent être alignées à une mesure
exacte permettant un bon attrapage pour faciliter la
répétition.
Les tiges sont
avancées ou reculées pour effectuer ce
réglage.
Le rattrapage
est très important pour assurer une bonne répétition. |

|
Réglage de la rechute des marteaux (queue)
:
Les batons
d'échappement doivent être parfaitement
alignés et leur profondeur dans le bras d'échappement
bien égale.
Une vis permet
de régler la hauteur de la rechute du marteaux
sous l'échappement. Son réglage
permet le bon fonctionnement du double échappement.
C'est le petit
"clic" que l'on sent sous le doigt quand on
enfonce la touche doucement. |

|
Réglage de la force des ressorts
(queue) :
La force des
ressorts de double échappement permet une bonne
répétition.
Trop de force
et la marteau rebondira sur les cordes pas assez et
il ne reviendra pas sous l'échappement.
La force se
règle soit par une vis (chevalet Renner) soit
par torsion (chevalet Steinway). |

|
Réglage de la force des ressorts
(droit) :
Sur le piano
droit le ressort est situé sous le baton pour
l'aider à revenir en place plus rapidement sous
la noix du marteau.
Sa force doit
être égale et régulière,
ni trop forte ni trop molle.
Un outil spécial
permet de mesurer la force du ressort. |

|
Réglage du départ individuel
des étouffoirs :
Les étouffoirs doivent se
soulever à mi-course de l'enfoncement de la touche.
Sur les droit
on règle pour cela la cuillère d'étouffoir.
Sur les pianos
à queue, le réglage s'effectue par une
vis qui permet de régler la hauteur de la bascule. |

|
Sur les pianos
récents, une cuillère fixée à
la bascule permet de régler le départ
par torsion.
Celui-ci est
beaucoup plus fin puisque la cuillère de réglage
appuie directement sur le bout de la touche.
De même,
un pilote permet un réglage très fin du
départ général de l'ensemble des
étouffoirs. |

|
Réglage du départ général
des étouffoirs :
Les étouffoirs
doivent se lever tous ensembles. Un alignement parfait
démontre un réglage minutieux empreint
de patience.
Pour cela on
agit sur la hauteur des étouffoirs (queue) et
de l'alignement des tiges (droit). |

|
Contrôle de la frappe des marteaux
- Égalisation des marteaux :
Le point de
frappe du marteau doit exactement percuter les 3 cordes
en même temps pour que le son soit parfait. |

|
L'égalisation
à l'aide d'une cale de ponçage permet
de rectifier les irrégularités. Chaque note doit être vérifiée
afin que l'équilibre du registre soit homogène.
C'est un travail
long et minutieux qui est malheureusement souvent oublié
lors de la finition. Dans ce cas,
l'harmonisation ne sera jamais parfaite. |
 |
Harmonisation des marteaux :
C'est le travail
le plus difficile de la finition car il agit directement
sur le timbre de l'instrument. On utilise un outil avec 3 aiguilles très
fines pour homogénéiser la densité
du feutre de chaque marteaux en piquant le feutre, afin
d'obtenir un bon équilibre entre les différents
registres. Le piquage
s'effectue tout autour de la frappe mais jamais sur
le point de frappe car l'on risquerait d'étouffer
complètement le son du piano.
Un piano équilibré
fait ressortir un registre parfaitement crescendo des
premières notes basses aux extrêmes notes
aiguës. |

|
A présent, la mécanique est prête
à fonctionner et le piano à être joué
!
Création
: www.instrument-piano.com - 1999/2001 |
|